GESTION DES CANTINES : RÉPONSE A M. DEVAUX

Gestion des cantines : 

réponse à M. Devaux

 

 

Monsieur Devaux – conseiller municipal UMP de la ville de Rouen – vient de prendre position en faveur du maintien de la gestion des cantines de Rouen, en Délégation de Service Public.  Il nous dit :

« La ville doit prioriser son action sur son coeur de métier : entretien des voiries, propreté, services aux habitants… La cuisine nécessite une action de professionnels de l’alimentation. »

Bien qu’en charge de la gestion de la voirie, je suis très surpris de découvrir que Monsieur Devaux juge que les questions de bitumes sont plus importantes que l’alimentation des  enfants de la commune. Nous n’avons visiblement pas la même notion des priorités ni du service public. Les parents sont ravis de l’apprendre. Mais au-delà d’une douteuse priorisation intellectuelle des compétences d’une ville,  il me semble que la santé des enfants à travers leur alimentation, doit être un objectif important pour une mairie.

« Sur la qualité des repas : si celle-ci laisse à désirer, il faut renégocier le cahier des charges avec l’entreprise concernée. Si la ville rajoute 1 € par repas, celui-ci se retrouvera dans l’assiette des enfants ! Si on veut de la qualité, il faut y mettre le prix ».

Il est très curieux que M. Devaux soit un partisan de la réduction des dépenses budgétaires lorsqu’elles sont assurées par le service public mais tout d’un coup soit favorable à l’augmentation des dépenses publiques lorsqu’elles bénéficient à des sociétés privées. Je tiens tout de suite à rassurer Monsieur Devaux, faire mieux ne signifie pas obligatoirement dépenser plus. Offrir une meilleure alimentation aux enfants de Rouen nécessite d’abord et avant tout de travailler avec des nutritionnistes, de revoir l’équilibre du repas, les quantités servies. Dans ce processus la ville, grâce à la souplesse offerte par le système de régie, permettra d’offrir des repas de meilleure qualité à un coup équivalent voire inférieur à celui facturé par Avenance.

« Sur la régie du Havre : la ville est trois fois plus peuplée que Rouen et ne raisonne pas sur la même échelle. Le retour en Régie à Rouen nécessiterait des investissements majeurs, peu justifiables dans le contexte économique actuel ».

Tout d’abord, d’après l’Insee, Le Havre compte 183.600 habitants, et notre commune 110.000, ce qui ne représente pas vraiment 3 fois moins d’habitants pour Rouen. Peut-être faut il y voir là une certaine volonté de M. Devaux à forcer le trait pour faire coller la réalité à sa démonstration ? Par ailleurs, de quels investissements parle-t-on ? Le contrat passé avec Avenance prévoit des amortissements pour le remplacement du matériel. Est-on en train de nous apprendre qu’Avenance n’a pas entretenu le matériel et qu’il faudrait le changer ? Les repas de nos enfants seraient-ils préparés avec du matériel vétuste ? Auquel cas ça serait à Avenance de faire réaliser ces investissements afin de respecter le contrat.

« Les gesticulations autour du « bio », habillage donné à un morceau de pain donné aux enfants, tout comme la volonté de remunicipaliser systématiquement sans se soucier des répercussions économiques, ne sont guère crédibles ».

M. Devaux semble se soucier des répercussions économiques de la régie et de l’introduction d’aliments bio que nous préconisons. On peut le rassurer : nous sommes pour les produits bio, les produits frais, de qualité et de production locale qui favorisent les emplois locaux, ce qui n’est pas le cas des produits « bio », ou non, importés par les grands groupes.

Quant aux « gesticulations », Mr Devaux, spécialiste reconnu des questions de santé, semble ignorer que les effets néfastes sur la santé des molécules chimiques dans notre alimentation est aujourd’hui une certitude scientifique. Cet obscurantisme ne peut que nous remémorer les « gesticulations » de M. Devaux, affirmant qu’il mangeait du maïs OGM.

 

GUILLAUME GRIMA – Pilote du groupe de projet Cantines Scolaires de la Mairie de Rouen 

Adjoint en charge de l’Environnement, de la Voirie et des Espaces Verts.