Budget 2010 de la Ville de Rouen

Lors du dernier conseil municipal, notre majorité a présenté et voté le budget de la Ville de Rouen pour l’année 2010.

Ce budget s’inscrit dans un contexte particulier de crise, de réforme de la taxe professionnelle (qui jette l’incertitude quant au devenir des finances des collectivités locales), d’endettement de la Ville (emprunts « toxiques » contractés par la majorité précédente).
Note majorité a fait le choix de réduire la dette mais en répondant aux besoins des rouennais, et notamment ceux qui résultent de la crise.

Ci dessous l’intervention de notre groupe sur le budget lors du conseil municipal du 23 janvier dernier, présenté par Marie Savoye et Florence Cordonnier-Rosée.

Le débat puis le vote sur ce Budget se fait dans un contexte doublement difficile ;

D’une part, nous sommes toujours en période de crise avec son lot journalier de plans sociaux et le million de chômeurs qui arrive en fin de droits en 2010 ;

D’autre part, parce que nous sommes également dans une situation locale difficile liée au désengagement progressif et significatif de l’État dans ses subventions aux Collectivités Territoriales et parce que nous devons assumer un passé municipal qui pèse lourdement sur nos finances locales.

Cependant cette période est aussi une période de transition qui doit permettre à nos collectivités, dans la mise en place de leurs politiques publiques, de prendre en compte la nécessaire mutation de la société et tout particulièrement dans les domaines que sont l’économie, la solidarité, la qualité de vie et l’environnement ainsi que les défis démocratiques.

C’est à cela que nous avons tenté d’apporter des réponses cohérentes lorsque il y a un peu plus de 6 mois nous présentions notre PPI qui se voulait à la fois mesuré concernant nos dépenses de fonctionnement tout en gardant un véritable objectif de changement de notre ville afin qu’elle s’inscrive totalement dans les grands enjeux du XXIè siècle et notamment ceux qui étaient défendus par de nombreuses délégations et ONG au sommet de Copenhague à savoir construire des projets alternatifs aux politiques libérales et productivistes que mènent la plupart des grands États industrialisés ou en voie de développement, ainsi que les plus grandes entreprises mondiales.

Rouen a besoin de changements

Notre ville, longtemps appelée la belle endormie, est sortie depuis une quinzaine d’années de l’immobilisme sans pour autant apporter totalement les réponses structurantes et d’avenir auxquelles prétendent le plus grand nombre de nos concitoyens, et qui doivent à terme faire de Rouen une éco cité exemplaire.

Notre Ville possède des atouts incontestables : un fleuve qui coule au cœur de la cité comme un chemin qui doit nous mener vers un avenir résolument tourné vers notre volonté commune de faire du Développement Durable un axe majeur de notre politique. Mais notre cité est également entourée d’espaces naturels d’une rare qualité qu’il convient de préserver et de valoriser notamment en faisant de la lutte contre l’étalement urbain et le « tout routier », un choix partagé et assumé par notre municipalité, dont on connaît l’attachement aux valeurs portées par le grenelle de l’environnement. Rappelons à ce propos que la Ville de Rouen a eu l’honneur d’avoir une délégation présente au sommet de Copenhague.

Au-delà des missions de représentation et de communication, importantes bien sûr, il est essentiel de soutenir les actions qui permettent de faire changer durablement les comportements et cela passe notamment par le développement des actions d’éducation à l’environnement et à la citoyenneté.

Dans notre projet Rouen motivée nous avions également fait de la Démocratie Participative, l’axe structurant de l’élaboration et de la mise en place de nos politiques publiques. Ce budget reflète cette double nécessité de faire de la participation citoyenne d’une part, et de la lutte contre les dérèglements climatiques et pour le Développement Durable et solidaire de notre commune, nos principales priorités. Les services et les élu-es de notre ville travaillent depuis près de 2 ans à la mise en place de projets structurants co-élaborés dans un grand nombre de cas avec nos citoyens, et qui prennent en compte ce besoin de changement auquel notre ville prétend. C’est ce qu’on retrouve dans ce budget, avec le lancement du projet Luciline à l’Ouest, l’émergence d’un écoquartier dans la vallée des Deux-Rivières, sur les sites symboliques que représentent Repainville et la côte St Catherine, avec notamment la réalisation d’un parc naturel urbain, mais aussi la continuité des Ateliers Urbains de Proximité tout en assurant et en approfondissant la qualité de la concertation avec les forces vives concernées par l’ensemble de ces projets. C’est pour nous la bonne méthode qu’il faudra malgré tout intensifier à l’avenir.

Cette année sera aussi celle de la concrétisation de grands projets culturels pour notre Ville, avec Normandie Impressionniste et les manifestations qui en découlent, mais aussi et surtout la création d’une structure importante dédiée au cinéma d’Art et essai dont nous voulons faire un exemple de construction démocratique qui prenne en compte à la fois l’ensemble des acteurs locaux tout en assurant la plus grande des transparence aux amateurs, nombreux sur notre ville, du cinéma d’art et d’essai. Aux côtés de l’association 2ème souffle nous souhaitons qu’il n’y ait pas de rupture de l’offre du cinéma d’Art et d’Essai.

Cette année sera aussi importante pour la poursuite et la mise en œuvre du projet des cantines scolaires en régie publique et dont l’objectif est de proposer à terme des repas bios et issus des filières courtes respectant la saisonnalité, à l’ensemble des enfants inscrits dans les cantines de notre ville. Nous souhaitons que le développement de ce projet se fasse dans la co-élaboration, tant avec les acteurs de ce domaine – parents, enfants, personnel, communauté éducative, agriculteurs etc – qu’avec l’ensemble de l’équipe municipale, dans la plus grande transparence, et ce à tous les niveaux du projet.

2010 sera également une année cruciale dans les choix que nous ferons en terme de déplacements sur notre territoire communal. A ce propos le bilan carbone, dont les premières conclusions ont été présentées à nos adjoints récemment, montre combien le travail commencé pour mettre en place un Plan de Déplacement des Employés sur notre ville, est déterminant, comme l’est celui de la mise en place de lignes de transports collectifs en site propre au sein de notre agglomération mais également le déploiement du volet 2 du plan vélo, offrant plus de possibilités de déplacement doux aux rouennais.
Des efforts significatifs devront être fait pour diminuer la consommation énergétique de nos bâtiments et de chacune de nos activités et manifestations. Nous y veillerons.

La solidarité au cœur de notre projet

2010 sera également l’année de la solidarité pour nos concitoyens et notamment pour toutes celles et tous ceux qui souffrent de la crise économique et sociale. C’est pour cela que nous voulons développer dès cette année des politiques publiques de proximité qui offrent des solutions pérennes à nombre de nos concitoyens. Les études qui vont commencées sur la création d’une nouvelle école sur la Rive sud, mais aussi la réalisation de nouvelles places de crèches dès cette année sur notre territoire communal, démontrent bien cette volonté d’affirmer la puissance publique locale au moment au l’État supprime de nombreux postes dans la fonction publique pour soit disant diminuer les déficits qu’il a lui-même creusé en portant secours aux entreprises financières qui sont pourtant à l’origine de cette crise.

La solidarité, l’action sociale, le soutien aux rouennais qui sont le plus en difficulté, doivent aussi être et rester au cœur des préoccupations de notre équipe. Et ce, notamment, par le soutien aux associations du domaine social, domaine chaque jour un peu plus remis en cause par le gouvernement. Mais cette solidarité, nous la voulons dépassant les limites de note territoire, en construisant l’avenir par le développement de la coopération décentralisée, comme sur le projet à plus long terme avec Haïti, dont nous avons souligné l’importance tout à l’heure.

La solidarité s’est aussi à travers la politique ambitieuse de création et de réhabilitation de logements sociaux sur l’ensemble de notre Ville qu’elle s’exprime. 2010 est l’année de l’intensification du GPV sur les Hauts de Rouen et Grammont, mais c’est aussi l’année du renforcement du parc de logements étudiants. Toutefois, notre solidarité doit s’exprimer partout et aider à renforcer les structures qui luttent au jour le jour dans des situations parfois difficiles, contre les dégâts des politiques libérales de la droite. Cela suppose que nous soyons exemplaires notamment en ce qui concerne les associations en leur permettant de retrouver une situation pérenne.

C’est pour cela que nous nous opposons à la politique de la droite qui cherche sans cesse à diminuer les impôts des plus riches – par exemple avec la mise en place du bouclier fiscal – et qui a pour conséquence de créer des difficultés de plus en plus grandes pour nos collectivités, et qui nous oblige à augmenter les impôts locaux, afin de continuer à garantir un service public de qualité et des investissements qui sont fortement créateurs d’emploi. Cette augmentation fiscale doit aussi nous permettre de stabiliser les déficits, de réduire nos emprunts et de rééquilibrer une situation fiscale particulièrement délicate.

Comme vous avez pu le comprendre, nous nous apprêtons à voter ce budget tout en restant exigeants et vigilants afin de continuer à construire ensemble un avenir soutenable et solidaire pour notre Ville et ses habitants. Toutefois, nous demandons un vote dissocié sur le budget alloué à la création du centre de supervision urbaine comme nous le demanderons au moment où se préciseront les subventions allouées aux associations afin de montrer une fois encore notre volonté d’en finir avec les 24h motonautiques telles que nous les connaissons depuis plusieurs décennies, celles qui polluent l’air que nous respirons,notre fleuve, nos oreilles par son bruit infernal, consomment inutilement une grande quantité de pétrole et qui force de nombreux rouennais à quitter la Ville le jour de l’évènementiel.

Pour autant, nous portons beaucoup d’espoir et d’envie pour faire de ce budget celui d’un changement profond de notre Ville.