Intervention sur le Budget Primitif 2013

Conseil municipal du 25 janvier 2013

Intervention de Jean-Michel Bérégovoy

 

 

Monsieur le Maire, chers collègues,

 

Le vote du budget d’une collectivité  – quelle que soit son importance, et ici nous sommes à Rouen la ville centre de l’agglomération dont la population continue d’augmenter – est le moment propice pour faire le bilan des années passées et surtout de mettre en perspective nos actions et projets à venir.

 

C’est un moment important où chaque groupe va exprimer ses satisfactions, ses attentes mais aussi l’impact de son action sur l’évolution budgétaire de la commune.

 

Et c’est ce premier aspect que je voudrais traiter en début d’intervention car les élu-es écologistes, en relation étroite avec les forces citoyennes, ont agi depuis le début du mandat afin de transformer notre ville, de renforcer nos services publics de proximité, et d’améliorer notre cadre de vie.

 

De l’aménagement de la ligne 7 au retour en régie des cantines scolaires, de la transformation de la place des Emmurées à l’agrandissement de la MJC Grieu, de la lutte contre la hausse des charges notamment dans les logements collectifs des Hauts de Rouen, à l’aménagement des quais bas rive gauche, les élus écologistes ont agi avec détermination et conviction, en concertation étroite avec les habitants pour à la fois répondre aux enjeux du XXIème siècle tout en portant l’exigence de la proximité et du quotidien.

 

C’est ce que nous avons porté dans ce nouveau budget. Et tout particulièrement avec le doublement des crédits de travaux de rénovation dans les écoles avec comme objectif d’agir sur l’amélioration thermique qui permettra d’augmenter le confort des usagers – élèves, enseignants et personnels municipaux – tout en réalisant des économies et en étant plus sobre en consommation d’énergie.

Nous avons demandé que la somme allouée à ces travaux soit augmenté de 600.000€, nous avons donc été entendus.

 

Comme nous l’avons été pour la MJC Grieu dont l’achèvement des travaux d’agrandissement et de modernisation demandait un effort financier supplémentaire d’environ 200.000€.

 

Notre demande là aussi a été entendue. C’était, je le crois, tout à fait normal et légitime pour cet équipement, dans ce quartier où la dynamique citoyenne et l’éducation populaire se conjuguent dans l’intérêt de tous et dans le respect de chacun.

 

3ème avancée importante : la politique vélo.

Là encore nous revendiquions un effort sensible pour enfin apporter une réponse satisfaisante à tous les rouennais qui, de plus en plus nombreux, utilisent le vélo comme moyen de transport et notamment pour se déplacer de leur domicile à leur travail. Ce phénomène s’est d’ailleurs largement renforcé depuis l’incendie du Pont Mathilde. Avec une enveloppe multipliée par 6 nous considérons avoir été entendus.

 

Toutefois, un effort important – y compris d’imagination – reste à faire notamment sur les quais hauts Rive droite et sur les boulevards de notre ville. La CREA est prête à nous soutenir fortement, nous devons être collectivement en capacité d’apporter rapidement une réponse concrète en termes de continuité cyclable sans nier les difficultés de déplacement apparues depuis le mois de novembre dernier.

 

Nous le voyons bien, les écologistes ont agi pour rendre ce budget plus conforme à notre volonté collective de faire de Rouen une ville plus solidaire ; plus attractive et plus sensible aux enjeux environnementaux (*CF Vote de la motion « Lubrizol ») tout en respectant les règles de maîtrise budgétaire.

 

Cependant permettez-moi chers collègues une digression sur un point dont l’impact pourrait être non négligeable sur le finances publiques et qui malgré qu’aucun arbitrage définitif n’ait été rendu, est d’ores et déjà inscrit dans notre budget primitif, je veux parler de la refonte des rythmes scolaires.

 

Hier lors d’un débat sur les rythmes scolaires à la mairie de Rouen des dizaines d’écoles étaient représentées par des parents d’élèves et des enseignants.

 

Une très large majorité a alors exprimé ses réserves quant à l’application du décret gouvernemental dès la rentrée 2013, préférant que la Mairie prenne du temps pour organiser cette réforme nécessaire, dans le souci du bien – être de l’enfant.

 

Au-delà des problèmes de fonds que porte cette réforme avec notamment la mise en place de contrats d’objectifs et le renforcement de la représentation des collectivités au sein des conseils d’école – ce que l’ensemble de la gauche dénonçait il y a encore quelques mois – nous le voyons bien cette réforme sera coûteuse et difficile à mettre en œuvre en quelques mois.

Aujourd’hui, 23 écoles sur 54 ont refusé d’apporter leur soutien à l’objectif de la municipalité de Rouen de mettre en place la semaine de 4 journées et demi dès septembre 2013. Plusieurs écoles qui ont répondu au questionnaire de la ville ont décidé de faire part de leur réserve dans tous prochains jours. Ils avaient répondu pensant qu’ils ne seraient pas pris en compte s’ils mettaient en avant leur volonté de reporter à 2014 l’application de ce décret.

De très nombreux représentants des parents d’élèves ont abondé cette position.

 

Je m’étonne que la concertation, toujours mise en avant, de Giraudoux à l’école des Beaux-Arts, du quartier Flaubert à la refonte des rythmes scolaires, soit un écran de fumée d’une décision que l’on dit non prise mais présente au sein de notre budget primitif.

 

Rouen a beaucoup souffert ces derniers mois, nous devons ensemble restaurer une image qui, du pont Mathilde à Lubrizol, a été largement écornée et ce au-delà de nos frontières communales.

Nous devons ensemble prendre le temps, avec les forces vives de notre cité, de nous engager dans des projets utiles et pérennes qui construisent notre avenir sans solder notre quotidien. Nous devons reprendre le chemin du cœur sans nous éloigner de celui de la raison afin d’appréhender ensemble un avenir exaltant mais difficile.

 

Nous l’avons vécu ces dernières années, parfois au détriment de notre cohérence, mais aussi depuis quelques mois pour agir ensemble pour notre ville et ses habitants, le temps de la concertation, de co décision, le respect des rythmes, et de la qualité de l’information et du débat, sont des éléments qui grandissent celles et ceux qui les utilisent. C’est cela que je préconise au moment où nous appelons à voter ce budget.

 

Je vous remercie.

 

La motion en PDF

20130125 Intervention JMB – BP2013 – VB