Rythmes scolaires – Pour un report en 2014

Conseil municipal du 22 mars 2013
Motion d’urgence

Rythmes scolaires : pour une application à la rentrée 2014

Cette semaine, à l’assemblée nationale, est présenté et voté le projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école qui va marquer un arrêt à la politique de casse de l’éducation nationale qu’ont vécu enseignants, parents et élèves depuis près de 10 ans. Le retour d’une formation de qualité pour les futurs enseignants et les 60.000 créations de poste sont des signaux positifs en direction d’un service public fondamental à l’émancipation citoyenne et démocratique.

 
A Rouen pour la 1ère fois depuis bien longtemps, aucune fermeture de classe n’est programmée pour la rentrée prochaine ; ce sont des ouvertures qui mobilisent désormais les instances de l’éducation nationale et des services de la Ville de Rouen.

 
Cependant au-delà de cette réforme attendue se pose la question des rythmes scolaires. A ce sujet, il faut rappeler le large consensus dans notre société pour dire que la situation actuelle n’est pas la bonne ; les fédérations de parents d’élèves, les syndicats enseignants et les professionnels du temps de l’enfant s’accordent pour demander une évolution du dispositif.
C’est dans ce cadre que le 31 mars prochain la Ville de Rouen devra annoncer son intention concernant la réforme des rythmes scolaires.
Les différentes réunions de concertation qui ont eu lieu en mairie ainsi que les débats au sein des conseils d’école montrent qu’il y a sur ce sujet à la fois une attente forte mais également des interrogations quant aux modalités d’application.

 
A ce propos, un article paru dans le Monde du 12 mars dernier signé par la plupart de celles et ceux qui ont co-piloté et co-présidé la conférence nationale sur les rythmes scolaires, alerte sur deux problématiques fortes ; tout d’abord la nécessité « que se construise autour de ce projet, un large consensus » ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui à Rouen. Puis « que grâce à ce changement dans le temps scolaire, les écoliers devront absolument bénéficier d’un accompagnement renforcé au travail scolaire mais aussi d’une montée en puissance des activités périscolaires afin de rendre plus équitable le système d’Education dans notre pays ».

 

 

Là encore, notre ville qui a mis 3 ans à élaborer un projet périscolaire pour une quinzaine d’écoles, ne sera pas en mesure de l’étendre à la totalité des établissements scolaires dès la rentrée 2013. C’est dans ce contexte que nous devons nous prononcer.

 
Prenons deux exemples concrets dont les décisions divergent mais aux aspirations communes. La ville de Paris avec le soutien des écologistes s’engagera dans cette réforme dès la rentrée 2013, mais en renforçant considérablement le dispositif du périscolaire avec un projet éducatif renforcé, de titularisations et de nombreuses créations de postes statutaires. Ainsi près de 1000 emplois viendront renforcer les effectifs périscolaires actuels, ce qui était d’ailleurs une des conditions de soutien des écologistes.
A Lille, là aussi avec le soutien des écologistes, Martine Aubry a décidé de laisser du temps à la mise en place d’un projet éducatif global qui renforce les actions périscolaires et dont l’objectif est l’épanouissement des enfants. Ces 2 cas ne sont pas contradictoires.

 

 

Au contraire, ils reprennent chacun dans leur temporalité, la volonté préalable du gouvernement et de toutes celles et tous ceux qui portent l’aspiration du changement, de donner un nouvel élan à un projet ambitieux pour l’éducation de nos enfants.

 
A Rouen la municipalité ne se donnerait pas la possibilité de faire ce choix en appliquant cette réforme en 2013. Ce serait alors un projet minimaliste qui ne contenterait personne. La seule réduction du temps en classe, même si c’est très important, ne peut être la seule entrée dans un projet beaucoup plus complexe ; surtout que pour un grand nombre d’élèves cela ne diminuerait pas le temps passé au sein de la structure scolaire.

 

 

D’ailleurs Vincent Peillon lui-même parlant de sa réforme a déclaré « que les élèves pourront accéder sur le temps périscolaire à des activités sportives, culturelles et artistiques, qui développeront leur curiosité intellectuelle, leur permettront de se découvrir des compétences et des centres d’intérêt nouveaux et renforceront le plaisir d’apprendre et d’être à l’école ».
C’est pour toutes ces raisons que le conseil municipal demande le report de l’application de cette réforme en 2014 afin de se donner du temps de construire un large consensus autour d’un dispositif qualitatif et quantitatif qui permette aux enfants, aux familles, aux salariés de la Ville et aux enseignants de porter un élan nouveau en termes de projet éducatif sur notre territoire.

 

Télécharger la motion :

20130322 Motion EELV – Rythmes scolaires