Rouen : enquête sur les vrais risques industriels

Manuel Sanson, à Rouen, publié le 26/03/2013, L’express

 

L’AGGLOMÉRATION ROUENNAISE ACCUEILLE DE TRÈS NOMBREUX SITES INDUSTRIELS DANGEREUX SUR LESQUELS L’INFORMATION DEMEURE LACUNAIRE. DEUX MOIS APRÈS L’ACCIDENT DE L’USINE LUBRIZOL, À L’ORIGINE DE LA DISSÉMINATION D’UN IMMENSE NUAGE DE GAZ MALODORANT, L’EXPRESS FAIT LE POINT.

 

Mardi 22 janvier, en pleine nuit, les Rouennais se réveillent inquiets: une odeur nauséabonde envahit leurs habitations : l’usine Lubrizol, la plus proche du centre-ville, fait des siennes. Plusieurs gaz malodorants et nocifs -de la famille des mercaptans- se sont dissipés dans l’atmosphère, conséquence d’une réaction chimique incontrôlée.

 

Plus de peur que de mal, selon la préfecture. De manière brutale, les habitants de l’agglomération ont néanmoins redécouvert l’évidence: des sites industriels à hauts risques jalonnent leur territoire. Au total, on en dénombre 19 relevant de la directive Seveso, autrement dit présentant des risques industriels majeurs, dont 12 sont classés « seuil haut », le niveau maximal dans l’échelle de danger. « Nous sommes dans le trio de tête des villes à risque, avec Lyon et Le Havre », constate Lionel Estel, directeur du département maîtrise des risques industriels à l’Insa de Rouen, grande école d’ingénieurs de la région.

 

Dès que l’on quitte la rive droite de la Seine, on s’enfonce au coeur d’une zone industrielle particulièrement dense. Ici, des « monstres » de ferraille s’élèvent à quelques encablures d’habitations, laissant échapper d’épaisses volutes de fumée. Lubrizol, GPN, RubisTerminal, Petroplus… les enseignes se succèdent. Les risques s’enchaînent. Et une chape de plomb recouvre le tout. « Les responsables politiques évoquent peu le sujet, de peur de donner une mauvaise image du territoire et d’inquiéter les gens », affirmeClaude Barbay, expert en risque industriel et membre de ­l’association Haute-Normandie nature environnement (HNNE).

 

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