HEBERGEMENT D’URGENCE, UN DEVOIR D’ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER

MOTION D’URGENCE

DU CONSEIL MUNICIPAL DU 29 NOVEMBRE 2013

HÉBERGEMENT D’URGENCE,

UN DEVOIR D’ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER

A la veille d’un nouvel hiver qui s’annonce avec précocité et dans un contexte de difficultés accrues d’accès au logement, se renforce la triste préoccupation de l’hébergement d’urgence.

Dans le contexte de crise économique, sociale et environnementale, et confrontée à la baisse des moyens de l’Etat, et des départements, la pauvreté persiste et s’incruste.

Chaque jour les travailleurs sociaux du 115 croulent sous les appels et se révoltent amèrement de ne pouvoir satisfaire la plainte des personnes en détresse et en rupture d’hébergement.

Si jusqu’ici être SDF concernait essentiellement des hommes, aujourd’hui ce sont également des femmes, des mères avec des enfants, des familles, des jeunes sans ressource, en rupture familiale, des étudiants, des salariés dont les revenus sont insuffisants pour prétendre à un logement. De plus, les demandeurs d’asile, trouvant de moins en moins de places dans les Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA), basculent vers les dispositifs de droit commun.

Les structures existantes à Rouen n’ont plus la capacité pour tous les accueillir et les accompagner vers des solutions pérennes. Contraintes à l’accueil alterné, elles peinent à offrir une nuit à l’abri pour cinq autres aux intempéries, à la rue, à la violence…

Et à la colère que doivent gérer chaque soir les travailleurs sociaux épuisés de ne plus remplir leur mission d’accueil inconditionnel et d’accompagnement.

 

Mais si on se félicite à Rouen des travaux d’humanisation dans les foyers rouennais, résorbant les dortoirs insécurisés au profit d’espaces individuels qui garantissent un minimum d’intimité, il faut également regretter ailleurs le manque d’ambition des autres collectivités qui ont tendance à se défausser sur la ville centre rendant impossible l’accueil des publics les plus fragiles.

 

A quelques jours de la journée internationale contre les violences faites aux femmes (le 25 novembre dernier), on ne peut que rappeler que le risque de précarité est accru pour les femmes. Etudiantes, mères isolées, retraitées, elles subissent aussi la crise de plein fouet. Face au travail précaire, au temps partiel subi, aux discriminations à l’embauche, aux salaires et aux retraites inférieures à ceux des hommes, elles s’exposent à la pauvreté, à l’isolement, à la dépressivité, au manque de soins et aux « prédateurs ».

 

 

C’est pourquoi la Ville de Rouen ;

 

–      S’engage à intervenir auprès de l’ensemble des acteurs concernés (Etat, Département, communes de la CREA) et à mobiliser ses conseillers généraux, pour coordonner les actions et renforcer les moyens déployés afin que la Ville de Rouen n’assume pas seule l’essentiel de l’hébergement d’urgence sur son territoire ;

 

–      Interviendra auprès de l’Etat pour que, comme l’an dernier, Colette Yver soit ouvert sur une période prolongée et dépassant le plan « grand froid ».

 

20131129 CM – Motion EELV – hebergement d urgence